Sécurité - Tranquillité publique : quelle est notre conception de la "sécurité" ?

Sécurité - Tranquillité publique : quelle est notre conception de la "sécurité" ?

Hervé Charles 02 février 2026

Le droit à la sûreté est inscrit à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comme « naturel » et « imprescriptible ». C’est un principe fondamental qui doit guider notre action.

La tranquillité publique, la sécurité, lorsqu’elles sont assurées, permettent la jouissance paisible des espaces publics, des biens privés des citoyen·nes ; elles assurent aussi les droits fondamentaux que sont la liberté d’expression, de circulation, l’égalité de traitement dans l’accès aux biens, aux services, à l’emploi…

Nous inscrivons donc la problématique de la sécurité dans un cadre plus large, qui inclut entre autres la participation citoyenne, la lutte contre les discriminations, le logement, les déplacements apaisés.

Au vu des chiffres et de la réalité du terrain, la première insécurité n'est pas celle d’être agressé·e dans la rue - même si la délinquance existe à Tarbes comme ailleurs, et doit être combattue par une Police nationale formée et encadrée. La première insécurité est plutôt celle du quotidien, qui empêche de vivre dignement.

Le taux de pauvreté à Tarbes est de 26 %, et le problème du mal logement est réel : il ne s'agira alors pas de stigmatiser les pauvres, comme le font déjà certains candidats de droite, mais au contraire de souligner que les pauvres sont les premiers à souffrir de l’insécurité !

Les plaintes de nos concitoyen·es concernent très souvent les incivilités (dépôts sauvages, stationnement, agressivité sur le domaine public, nuisances sonores, …), plus que la réelle délinquance : il faut y répondre.

Nous considérons que lutter contre la délinquance (trafic de stupéfiants, vols, dégradations, violences, …) est une mission régalienne, c’est-à-dire qu’elle doit être confiée aux services de l’État, donc à la Police nationale.

La municipalité doit, elle, agir pour davantage de justice sociale, de lien, moins de maltraitance institutionnelle. Toutes nos politiques publiques doivent y contribuer.

Quelle est la situation à Tarbes ?

Un manque de services publics : en ce qui concerne cette thématique, les services de la Police nationale sont insuffisants et trop vite saturés, le commissariat vétuste, les équipes parfois épuisées.

Un manque de direction politique et de lisibilité des missions de la Police municipale, malgré les efforts considérables des services et l’investissement des agent·es.

Un manque de lien concret entre la municipalité et la population, de présence humaine, et pas seulement en ce qui concerne la police municipale.

Une absence de politique du logement et de l’habitat.

Que propose Tarbes Citoyenne Écologique et Solidaire ?

La municipalité doit renforcer les services publics, qui sont le bien de tous et les garants de la justice sociale.

Les élu·es doivent s’engager pour le maintien et le renforcement des services publics de l’État (école, santé, police, justice, …)

Les missions de la Police municipale doivent être clarifiées et mieux expliquées à la population ; l’articulation entre prévention, médiation et interventions sur le terrain doit être retravaillée avec les partenaires institutionnels.

PPP « présence – prévention – proximité » : nous voulons engager une véritable politique de prévention et de médiation déployée dans toute la ville et pas uniquement sur les quartiers prioritaires, en soutenant les acteurs locaux associatifs et institutionnels, en créant des postes de médiateurs et éducateurs de rue.

Nous voulons aussi conforter et diversifier les missions de la Police municipale, en particulier vers de la médiation (avec une formation en la matière).

Nous proposons un projet de zonage, en affectant des équipes identifiées à des quartiers afin d’en faire une police de proximité. Une équipe pourra être affectée au contact avec les commerçants·es, qui sont parfois en première ligne en cas de problème dans une rue.

Nous envisageons un moratoire sur la vidéosurveillance afin de réaliser un audit financier et des études indépendantes pour évaluer l’efficacité réelle de ces dispositifs : nous savons d’ores et déjà que l’efficacité en termes d’élucidation est assez minime, mais que c’est utile pour sécuriser certaines interventions. Les caméras mobiles sont intéressantes pour des missions ponctuelles, comme des dégradations volontaires ou des dépôts sauvages.

Nous portons une attention particulière à certains points sensibles de la ville. Deux exemples peuvent l’illustrer : le Caminadour nécessite une présence humaine presque constante afin que toute la population s’approprie mieux ce bel espace public ; la coordination des forces de police dans le quartier de l’Arsenal doit faire l’objet d’une évaluation, et il faut y faire revenir des associations de prévention (alcool, drogues, violences faites aux femmes, discriminations).

Nous voulons inscrire la question de la tranquillité dans tous les processus de participation des citoyen·nes que nous mettrons en place dès le début de notre mandat pour donner du pouvoir d’agir aux habitant·es, recréer un lien de confiance entre citoyen·nes, élu·es et services de la collectivité.

Nous voulons aussi, bien sûr, lutter collectivement contre toutes les formes de discriminations liées au genre, à la religion, à l’origine, à l’âge, au handicap. Nous travaillerons à des dispositifs de soutien spécifique aux victimes (violences faites aux femmes, discriminations) et à un renforcement considérable des lieux d’accueil, en lien avec les associations. Les élu·es et les agent·es seront sérieusement formé·es en la matière.

Nous voulons élaborer un accompagnement spécifique pour les personnes qui vivent dans la rue, des partenariats « Zéro personne à la rue », un engagement de la collectivité avec l’État et les associations pour conforter les dispositifs existants et créer des réponses innovantes d’hébergement (suivi financier et logistique).

Nous lutterons contre l’insécurité liée au logement, l’insalubrité, l’indignité, les expulsions sans relogement. Nous proposons à nouveau un permis de louer et le bail réel solidaire.

La vie nocturne sera encouragée et sécurisée, en prenant en compte les besoins de chacun·e. Nous créerons une instance réunissant la ville, les gérant·es d’établissements, les acteur·ices de la prévention et de la sécurité (comité de la vie nocturne).

Nous voulons aménager un environnement urbain favorable. Il faudra tirer un bilan de l’extinction de l’éclairage public, travailler au zonage, à un objectif 100 % led, repenser et moderniser le mobilier urbain. Il est aussi urgent d’identifier et de réaménager les espaces dégradés.

Les déplacements doivent être apaisés : la délinquance routière concerne en premier lieu la Police nationale avec laquelle il faut cibler les zones sensibles et les comportements problématiques. Nous voulons aussi sécuriser les mobilités (piétons, personnes à mobilité réduite, cyclistes, automobilistes) : ville à 30 km/h, centre-ville en zone à trafic limité, campagne annuelle de sécurité routière et code de la rue.


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