La vie culturelle à Tarbes est foisonnante, étonnamment dense pour une ville de la taille de la nôtre : musiques (actuelles, classique, traditionnelle,…), danses, spectacles vivants, arts plastiques, photo, art contemporain… Les propositions innovantes et souvent passionnantes sont quasi quotidiennes.
Pourtant elles manquent de visibilité, et de lisibilité.
Pourtant, l’accès de toutes et de tous à cette culture n’est pas assuré.
Selon TCÉS, la majorité sortante s’est contentée de saupoudrer des subventions, sans vision globale, sans réelle politique culturelle, et visiblement sans connaissance approfondie du monde culturel tarbais actuel. On dirait deux univers clos. Les élu·es de la majorité comme de l’opposition de droite, se sont illustré·es par leur absence de la plupart des moments et des lieux culturels importants.
Seul point un peu positif : au début du mandat, nous avons obtenu qu’un règlement d’attribution des aides en faveur des associations soit établi, pour la culture comme pour l’ensemble des associations. Cette légère amélioration n’est néanmoins pas suffisante, loin de là.
Une méthode de travail horizontale et démocratique
• Il n’existe pas de lieux de concertation et de coordination. L’art contemporain doit par exemple rencontrer davantage de public(s). Nous avons une chance unique : l’ÉSAD, le centre d’art contemporain du Parvis, le musée Massey, le Carmel, mais aussi des lieux privés et/ou associatifs comme la galerie Omnibus ou l’Atelier 20, constituent un tissu assez incroyable pour une ville de notre taille. C’est à la municipalité de créer les conditions de véritables synergies, d’encourager à l’audace, à l’interdisciplinarité, aux expériences.
Il faut mixer les arts, et les publics.
• La vie culturelle très riche de notre ville est assez méconnue : qui sait par exemple que nous possédons un fonds de plus de 8000 œuvres, qui ne demandent qu’à intégrer des expositions créatives ? C’est certainement en grande partie à la municipalité de le faire savoir, et d’établir des partenariats avec les communes du département, en particulier leurs écoles.
• Il n’est absolument pas question de faire table rase : nous connaissons trop bien les équipes pour savoir leur investissement et la qualité de leur travail. Mais il manque une impulsion, une méthode, une ligne directrice, et une relation de confiance. Nous voulons donc donner davantage de latitude aux professionnel·les, rompre avec une certaine verticalité… quitte à prendre parfois le risque de se tromper.
Tarbes en Scènes fonctionne par exemple très bien, grâce à son équipe et à sa directrice. Nous leur faisons toute confiance pour continuer à faire vivre les salles des Nouveautés et du Pari. Nous leur laisserons bien plus de liberté dans leur programmation, encore parfois corsetée par des demandes qui n’ont pas lieu d’être.
Nous voulons avant tout améliorer l’existant. Nous avons par exemple envie de retravailler le Carnaval Bigourdan, qui est un vrai succès populaire, pour le faire déboucher sur un bal familial. Il faut donc revoir les horaires, les parcours, le rythme général, et mettre les commerçant·es à contribution pour faire manger les familles à un prix très modique entre le défilé de l’après-midi et le bal du soir.
Le budget de la culture
Il n’existe pas de budget annexe culture, donc pas à proprement parler de budget municipal consacré à la culture. Tout est intégré dans le budget principal.
Les associations culturelles sont aidées via les subventions versées chaque année par la municipalité. La part de ces subventions est ridicule par rapport au total : il faudra la rééquilibrer afin d’aider plus efficacement les associations culturelles, y compris en réfléchissant à des subventions pluriannuelles et des financements croisés pour leur permettre plus de visibilité et de sérénité.
Les services municipaux de la culture
Les services travaillent de manière absolument remarquable : Tarbes en Scènes, les musées (Massey, Carmel et Résistance) et la SMAC la Gespe fonctionnent très bien, attirent un public fidèle et souvent nombreux. Il faut continuer à les soutenir activement, et s’appuyer davantage sur les équipes, très créatives quand on leur fait confiance.
Nous voulons recruter un·e DAC, directeur·ice des affaires culturelles, pour coordonner ce travail et assurer l’interface avec les élu·es, mais aussi contribuer à la prise en compte de la diversité des publics. C’est nécessaire pour une ville de notre taille, avec une activité aussi forte.
Les festivals et l’été culturel tarbais
Les festivals sont pour l’essentiel portés par des associations. La municipalité doit les soutenir, les financer, leur apporter une aide matérielle et logistique, assurer une part importante de la communication.
Selon nous, ce qui se passe à Tarbes manque de lisibilité et de fluidité : personne ne met les partenaires autour d’une table, chacun·e travaille de son côté. Nous souhaitons par exemple renforcer l’été culturel tarbais, riche de nombreuses manifestations : Tarba en Canta, les Fêtes de Tarbes, l’exposition Chlorophylle de l’ÉSAD (École Supérieure d’Art et de Design) au jardin Massey, Culture au Jardin, Équestria, Tarbes en Tango et les Journées du Matrimoine. Il faut construire des ponts, une cohérence, sans pour autant uniformiser, sans non plus s’accaparer le mérite du travail des bénévoles.
La culture à l’école
L’accès à la culture est fondamental dans le cadre scolaire : pour certains enfants, le seul contact avec la culture ou la connaissance des lieux culturels tarbais, se fera lors ces sorties scolaires. C’est la raison pour laquelle nous proposons, en plus de la gratuité des fournitures, que la municipalité finance l’accès à trois spectacles par an et par enfant.
Les lieux et les structures : créations et rénovations
• Nous voulons construire un Centre social et culturel, outil de rapprochement des publics avec la culture, de pratiques culturelles et d’accompagnement des artistes tarbais·es.
• Nous héritons d’un projet de « Villa des Arts », attenante au Carmel, qui n’est pour l’instant qu’une coquille vide et déjà très onéreuse. Il était effectivement vital de rénover enfin ce beau bâtiment laissé à l’abandon depuis des décennies, mais le projet lui-même est pour l’instant creux, et n’a fait l’objet d’aucune concertation, même institutionnelle.
Voilà une belle occasion de créer un lieu pluridisciplinaire, en exploitant par exemple sa proximité géographique avec l’ÉSAD, le Carmel, le Musée Massey et le jardin Massey.
• Nous projetons aussi d’installer en ville une salle de concerts de taille intermédiaire, une « petite Gespe » qui permette des concerts plus importants que dans les petits lieux privés, mais qui drainent moins de monde que les grandes réussites de la Gespe. Il s’agirait aussi d’y faire jouer des sorties de résidences, comme au Pari pour le théâtre.
Un tel lieu contribuerait au rééquilibrage de fréquentation entre l’Arsenal et le centre-ville, déjà en cours mais encore précaire.
• Une rénovation totale du Musée de la Résistance et de la déportation est aussi absolument nécessaire, avec peut-être un travail sur l’orientation plus locale de son contenu. Il faut faire revenir les établissements scolaires dans ce lieu de mémoire, lui aussi tenu par une belle équipe.
• Il faut enfin repenser complètement la place des Haras dans la ville, et dans la vie des Tarbais·es : ce lieu unique est trop souvent fermé, inaccessible, alors qu’il appartient à toute la population.
Il faut co construire avec les artistes, avec les partenaires ainsi qu’avec les habitant·es, une politique culturelle accessible à toutes et tous.
« Les arts font partie des revendications humaines, il les faut à tous. »
Louise Michel